02 juin 2009
Visitation
L'art roman catalan témoigne d'une influence réelle de l'art byzantin.
Détail du devant d'autel de l'église Santa Maria de Lluçà (Osona). Original au Musée épiscopal de Vic - Catalogne. XIIIème siècle.
Tempera et or sur bois - 14 x 19,5 cm
17 mai 2009
Christ de la douceur et Bon Berger
Mon appareil étant sur son déclin, les photos sont de mauvaise qualité. Veuillez m'en excuser. Je vais remédier à ce problème très prochainement.
tempera et or sur bois - 11x15 cm
tempera et or sur bois - 11x15 cm
25 mars 2009
Baptême du Christ
L'icône du baptême du Christ, dite icône de la Théophanie, exprime d'abord l'action de la Trinité qui opère en Jésus. Pour le manifester le sommet de l'icône peut prendre des formes diverses. Parfois un demi cercle symbolise les cieux qui sont ouverts par un rayon, parfois on voit la main de Dieu. L'Esprit, sous forme d’une colombe, est porté par ce rayon de lumière qui vient du ciel.
La colombe nous reporte au début de la Genèse, où l’Esprit se mouvait sur les eaux à l’aube de la création, tout comme ici, elle descend à l’aube de la création d’une humanité nouvelle.
Le Christ est immergé dans l'eau, il est debout dans le Jourdain. Traversant la croûte terrestre, le Christ pénètre dans un “tombeau liquide”, ce trou noir, lieu du “schéol” ou séjour des morts. Son baptême est essentiellement un passage dans la mort et la résurrection, comme le sera, à sa suite, notre propre baptême.
Le Jourdain n'est pas représenté sous forme d'une rivière ordinaire, mais comme une sorte de grotte remplie d'eau. C'est comme un "tombeau liquide" entre des rochers fantastiques. Le Christ descend dans le Jourdain comme si il descendait aux enfers.
tempera et or sur bois
13x26 cm
original : icône copte contemporaine
Jean-Baptiste, vêtu d’une peau de bête, impose la main sur la tête de Jésus pour faire venir sur lui l'Esprit saint. Il se penche sur Celui qu’il baptise, en reproduisant le geste sacramentel de l’officiant à chaque fois que celui-ci invoque l’Esprit par l’imposition des mains. Il s’agit là d’un procédé iconographique fréquent où l’on voit tout se plier, se conformer au souffle, au mouvement contenu et représenté par l’icône: les personnages, les éléments, la nature, les montagnes même sont infléchis dans le sens de la composition.
Enfin, sur la rive se tiennent des anges, dont le nombre varie selon les icônes. Les évangiles n’en parlent pas, les textes liturgiques les mentionnent sans préciser leur rôle. Sans doute est-ce d’assister le Christ dans leur fonction habituelle de prière et de doxologie. Sur certaines icônes, ils ont un rôle qui pourrait s’apparenter à celui des diacres. Ils tiennent dans leurs mains les vêtements qui serviront à habiller le baptisé. Plus souvent, ils tiennent simplement leurs mains tendues dans une attitude de vénération.
L'icône exprime aussi l'action du Christ. Celui ci bénit souvent l'eau du Jourdain avec la main droite. Cette bénédiction sanctifie l'eau et les petits poissons qui sont dans le fleuve. Ceux-ci représentent les hommes qui seront baptisés ou parfois, quand ils sont au nombre de 4, ils représentent les 4 évangélistes.
Une hache est posée au pied d’un arbre sur la rive.«Déjà la cognée est à la racine des arbres;tout arbre qui ne porte pas de bon fruit sera coupé et jeté au feu »(Mat 3,10)
En résumé, cette icône, de même que celles de toutes les grandes fêtes de l’année liturgique, est d’une insondable richesse d’enseignements dogmatique et pratique. Lors de la fête de la Théophanie, ainsi qu’à chaque baptême, l’Eglise chante avec allégresse : “Vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu le Christ”. Le baptême confère la nature d’incorruptibilité du Christ, il lave l’homme de son iniquité afin de lui permettre de revêtir cette nouvelle nature.
14 février 2009
Vierge en majesté
Ce modèle est issu d'un tryptique datant de la fin des années 1250 (St Jean d'Acre ou Monastère de Ste Catherine au Sinaï)
Lorsque les panneaux sont fermés, celui de gauche montre St Nicolas en pied, et celui de droite St Jean-Baptiste.
Lorsqu'on ouvre les panneaux, la Vierge à l'Enfant trônant, encadrée de deux anges debout de chaque côté, forme le sujet principal du tryptique. Elle est représentée selon le type Hodigitria ("celle qui montre le Chemin"), en pied.
L'Enfant, qui d'une main saisit celle de sa mère et tend l'autre vers son visage, témoigne quant à lui d'une adaptation de l'influence occidentale et fait l'objet d'une chrysographie particulièrement généreuse, l'or semblant littéralement avoir ruisselé du ciel sur ses vêtements.
Le trône, au dossier droit, est inhabituellement orné et traité à plat, alors que le sol à damiers rouges et jaunes est traité en perspective.
Les panneaux latéraux du modèle original représentent quatre scènes de la vie de la Vierge.
L'oeuvre mélange trois styles différents : le panneau central est réalisé dans le style croisé toscano-byzantin (ses visages rappellent l'école de Guido de Sienne). Les faces intérieures des panneaux latéraux appartiennent au style croisé franco-byzantin (cf Bible de l'Arsenal). Quant aux deux panneaux extérieurs, ils sont inspirés par le style vénéto-byzantin.
Ce mélange de styles différents laisse à penser que ce tryptique est l'oeuvre commune d'une fraternité ou d'une confrérie comme il en était à St Jean d'Acre vers 1260.
Planche en tilleul 16 x 19 cm
Tempera et or sur bois
08 septembre 2008
Vierge de Vladimir (détail)
La Vierge de Vladimir ou Notre Dame de Vladimir est certainement une des icônes les plus célèbres. Le modèle de l'icône est du type Eleousa (de miséricorde ou de tendresse); la joue du l'Enfant est serrée contre celle de sa Mère dans un geste d'amour et d'affection.
D'après la légende, la Sainte icône miraculeuse serait l'œuvre de l'évangéliste Saint-Luc.
Elle a la particularité d'être écrite sur les deux faces. Le verso, qui représente l'Autel et les Instruments de la Passion, date du début du XVe siècle alors que la face représentant la Vierge et l'Enfant date du XIIe siècle.
Le visage de la Vierge exprime à la fois la tendresse, la souffrance et l'abandon à la volonté de Dieu.
Cette icône qui se trouve à Moscou dans la galerie Trétiakov est la plus vénérée et la plus aimée du peuple russe. Elle est l'icône protectrice de la Russie.
planche en tilleul de 11 x 15 cm.
Tempéra et or sur bois
15 juillet 2008
St Michel Archange
Toutes les beautés de la nature sont les ornements des vêtements des anges, les plis et le drapé des manteaux de ceux qui contemplent le visage de l'Eternel.
Tempera et or sur bois
11 x 15 cm
Vierge de la supplication
Très sainte Dame et Souveraine, accepte la prière de tes serviteurs et présente-là à ton Fils, notre Rédempteur, afin qu'il ait pitié de nous et qu'Il nous sauve.
Tempera sur bois et or.
11 x 15 cm
15 juin 2008
"Non faite de main d'homme"
* La tradition occidentale identifie le "vrai" visage du Christ dans l'image qu'il laissa miraculeusement imprimée sur le linge avec lequel Véronique ("vraie icône") lui essuya la face dans la montée au Calvaire.
Ste Véronique, par Hans Memling
Selon la légende dorée, l'empereur Tibère guérit en regardant cette image acheiropoïete ("non faite de main d'homme"), que Véronique elle-même lui avait apportée de Rome. Cette relique, ainsi appelée "la Véronique", fut copiée d'innombrables fois, jusqu'à ce que l'on en perde la trace.
Certains l'identifièrent avec l'image du voile de Manoppello (dans les Abruzzes), ou avec l'icône de Gênes (église St Barthélémy des Arméniens).
voile de Manoppello
* Pour l'Orient chrétien, la véritable image de la Saite Face est au contraire le Mandylion, le portrait que Jésus envoya à Abgar, roi d'Edesse, pour le guérir; caché ensuite dans la maçonnerie d'une muraille, il fut retrouvé en 545 et transféré à Constantinople en 944.
le roi Abgar, recevant le Mandylion
Cette image, qui resta exposée à Ste Sophie jusqu'en 1204 (elle disparut lors de la quatrième croisade), pourrait en réalité correspondre au Saint Suaire (conservé à Turin).
La tuile (le Keramion), utilisée pour murer le Mandylion durant les persécutions, conserve l'empreinte inversée de la Ste Face.
le Keramion
Je me suis inspirée d'une fresque du XII ème s.qui existe sur l'île de Chypre, et j'ai donc écrit cette image "non faite de main d'homme".
Avant le VI ème siècle, le Christe était souvent représenté sous la forme d'un homme jeune, imberbe, avec des cheveux courts (en particulier dans les catacombes). A partir du VI ème siècle, c'est la représentation du Mandylion qui va dominer. Depuis, cette image est considérée comme la manifestation du Verbe de Dieu et elle devient le "canon" de l'icône du Christ.
- les grands yeux marrons, le nez long et étroit, les lèvres fines et closes, sont signe de silence et de force intérieure.
- l'épaisse et abondante chevelure est maintenant caractéristique. Noter les 3 petites mèches au sommet du front...elles pourraient reprendre les gouttes de sang du St Suaire...et auraient ainsi été traduites en mèches. Elles se retrouvent sur quasiment toutes les icônes du Christ.
- l'auréole est cruciforme et portent les lettres O ω N qui signifient en grec "Je suis Celui qui suis", le saint trigramme révélé à Moïse sur le Mont Horeb. Les lettres IC XC sont les abréviations de Jésus-Christ.
"Comment faire une image de l'Invisible ? Comment représenter les traits de ce qui n'est à nul autre pareil ? Comment représenter ce qui n'a ni quantité, ni grandeur, ni limites ? Si tu as compris que l'Incorporel s'est fait homme pour toi, alors c'est évident, tu peux exécuter son image humaine. Puisque l'Invisible est devenu visible en prenant chair, tu peux exécuter l'image de celui qu'on a vu. Puisqu'il s'est réduit à la quantité et à la qualité et s'est revêtu des traits humains, grave donc sur le bois et présente à la contemplation celui qui a voulu devenir visible."
Ainsi parlait Saint Jean Damascène, Père de l'Eglise grecque, pour défendre les icônes lors de la crise iconoclaste qui sévit dans l'Empire byzantin au VIII° siècle.
12 mai 2008
Inauguration de la Croix de Fresneau
Samedi 10 mai, pendant les Vigiles de la Pentecôte, la Croix de Fresneau a été bénie et officiellement inuagurée par Monseigneur Lagleize, évêque de Valence
A l’écart du vieux Marsanne, dans le lit d’un gros ruisseau, s’élèvent une chapelle et un sanctuaire dédiés à la Vierge, où se déroule un pélerinage annuel le 8 septembre. Plusieurs légendes et prodiges se rattachent aux lieux favorisés par la présence de l’eau d’une fontaine à laquelle la tradition attribue des miracles, le premier étant la guérison d’une jeune fille aveugle au XIe siècle.
La site comporte deux sanctuaires : une petite chapelle ancienne (où se trouve maintenant la Croix) et une chapelle plus moderne datant du XIXème siècle.
Commentaire explicatif de la Croix de Fresneau
La Croix du Christ est d’un bleu foncé, bordée d’un trait rouge. L’instrument du supplice qui donne la mort devient l’arbre par lequel nous est donnée la Vie (rouge, couleur du sang)
Le Christ lui-même se dresse, victorieux, paisible et accueillant. Ce n’est plus le Christ souffrant, mais le Vivant. Son corps est droit, détendu et ses bras grand ouverts semblent nous appeler à aller vers Lui. Son corps nu est exposé sans honte : le Christ rétablit l’homme dans sa dignité première d’Image et de Ressemblance de Dieu. Sa taille est ceinte d’un pagne blanc, couleur de la Résurrection.
Autour de la tête, dans une auréole cruciform, les trios lettres O, W, N, initiales en grec de la phrase « Je Suis Celui qui Est », (YAHVE), rappellent la divinité du Christ.
Sous les bras de la Croix, d’un côté la Vierge Marie, droite, digne, nous présente d’une main Celui qui est la Voie, la Vérité, la Vie. Cependant son regard se pose sur St Jean que Jésus lui a confié par ces mots : « Femme, voici ton fils » Au pied de la croix se renouvelle la maternité de la Vierge initialisée à Noël. C'est une nouvelle maternité, non plus selon la chair mais selon l'Esprit, à laquelle le Christ l'appelle en lui confiant Jean comme fils adoptif, représentant toute l'humanité.
Elle est revêtue d’une robe rouge et d’une tunique bleue, portant ainsi les vêtements des imperatrices byzantines. Trois étoiles ornent successivement ses épaules et son front, symboles de sa virginité avant, pendant et après la naissance du Christ. Ses cheveux sont cachés par une sorte de bonnet.
De l’autre côté, l’apôtre St Jean, le seul à avoir été au pied de la Croix. Même si lui aussi tend une main pour nous désigner le Christ, il a une attitude encore affligée.
Sous les pieds du Christ, la chapelle du sanctuaire de Fresneau à qui le Christ apporte la Vie A tous ceux et celles qui viennent au sanctuaire, le Christ offre la Vie qui jaillit de sa Mort et de sa Résurrection.
Au dessus de la tête, les abréviations de Jésus-Christ : IC XC
De part et d’autre des mains du Christ, 4 figures, que l’on désigne par un terme étrange : le Tétramorphe. Cet ensemble iconographique s'inspire directement de la vision de Saint Jean dans l‘Apocalypse :« Un trône était dressé dans le ciel, et quelqu'un était assis sur ce trône... et autour du trône, il y avait quatre animaux pleins d'yeux devant et derrière. Le premier animal ressemblait à un lion; le second ressemblait à un veau; le troisième avait le visage comme celui d'un homme et le quatrième ressemblait à un aigle qui vole. « (Apocalypse IV, 2-7)
Une référence dans le livre d’Ezechiel illustre également le Tétramorphe :
Dès les premiers siècles du christianisme, on admit que les quatre animaux symbolisaient Ies quatre évangélistes
Si Matthieu a pour attribut l'homme, c'est parce qu'il a commence son Evangile par la généalogie du Christ.
Au début de l'Evangile de Luc, allusion est faite au sacrifice offert par Zacharie (Luc I, 5). Le bœuf ou le veau, animal du sacrifice, symbolise donc Luc.
Le lion désigne Marc qui, des les premières lignes de son récit, nous parle de la voix qui crie dans le désert (Marc 1, 3).
L'aigle
, enfin, est la figure de Jean, car son texte nous place, dès le début, en face du Verbe, "vraie lumière" (Jean 1, 1-4). Or l'aigle est le seul animal à pouvoir regarder le soleil en face.
« Au centre encore, on voyait quatre animaux dont voici la figure: ils avaient une ressemblance humaine; chacun d'eux avait quatre faces et chacun quatre ailes....Quant à la forme de leurs faces, ils avaient tous quatre une face d'homme, une face de lion, du côté droit, tous quatre une face de bœuf du côté gauche, et tous quatre une face d'aigle. »
(Ezechiel 1, 4-10)
09 avril 2008
Croix de Fresneau
Croix créée pour le sanctuaire marial de Notre-Dame de Fresneau, d'après le crucifix peint par Berlinghiero - XIII°
1,26 m





































